Je suis gaijin, alors ça passe!

Gaijin, composé de « gaikoku » (étranger) et « jin » (homme, personne) est une expression plutôt péjorative utilisée par les japonais pour décrire les étrangers. Dans la bouche de ces mêmes étrangers, elle sert parfois à décrire leurs semblables,  mais surtout à s’excuser de quelque chose du fait de leurs origines.
Inutile de se voiler la face : le savoir vivre au Japon est si particulier que nous, français, sommes souvent tentés de laisser ressurgir les habitudes du « bled ». Une cigarette en fraude dans un coin, un portique de métro « oublié » ou un tatouage laissé bien en vu par un mini short : autant de choses que l’on voudrait pouvoir expliquer « parce qu’on est gaijin ». Mais du point de vue d’un japonais, cette attitude est clairement le signe ostentatoire d’un refus de s’intégrer.

Parler japonais n’est pas une mince affaire. Il est cependant rapide d’intégrer certaines expressions de tous les jours, telles que « arigatou gozaimasu » ou « sumimasen », utiles environ 150 fois par jour, qui feront sourire plus d’un serveur fatigué. De même, se forcer à remettre son attitude publique en question ne signifie pas que l’on « rentre dans le moule » ou que l’on suit la masse : cela participera juste à la préservation de ce calme que l’on aime ici, et au sentiment de sécurité permanent qui détend les français, fatigués de surveiller leur porte-monnaie.
Que le séjour dure 1 mois ou 1 an, un français au Japon diffuse automatiquement une image figée de la France. Bien sûr, je ne demande pas de parader en yukata et de se couvrir les paupières de colle pour se brider les yeux. Mais dans la mesure où les japonais sont encore dans un esprit d’accueil, préservons-les de certaines attitudes que l’on déplore déjà chez nous !