Yoshitoku ningyô ou les poupées traditionnelles japonaises

Connaissant de réputation les poupées Yoshitoku, j’ai voulu faire un tour à Asakusabashi où se trouve la célèbre enseigne. Aussitôt sortie du métro, pas de doute, j’étais au bon endroit. Entre la grande vitrine où sont exposés quelques modèles, les panneaux publicitaires et les prospectus distribués dans la rue, nous sommes certains de ne pas pouvoir manquer l’endroit.

La notoriété des poupées Yoshitoku vient du fait qu’elles sont entièrement réalisées à la main, que ce soit la soie du kimono, la porcelaine de leur visage, le maquillage, ou encore les nombreux accessoires qui les accompagnent.

Ces poupées, qui tiennent leur nom de leur créateur, Yoshinoya Tokubei, ont vu le jour en 1711. Autrefois fabriquant de poupée de l’Empereur, Yoshinoya Tokubei a transmis son savoir de génération en génération (l’actuel propriétaire représentant la 11ème génération de la famille), en faisant alors de cet artisanat la plus vieille enseigne du genre à Tokyo.
Aujourd’hui ce magasin qui s’étale sur trois étages, peut-être largement qualifié de musée puisque nombreuses sont les personnes qui viennent dans le seul but d’admirer ces œuvres d’arts, et de les prendre en photo. La plupart du temps il s’agit de scène de vie de l’Empereur et de l’Impératrice accompagnés parfois de dames de cour, de musiciens, ou encore d’accessoires en tout genre. Rien n’est laissé au hasard dans la disposition, chaque poupée est inscrite dans un décor codifié (le paravent, les lampions, l’étoffe rouge…). Ces poupées sont achetées en générale à l’occasion de Hina Matsuri (littéralement « fête des poupées ») puis sont transmises au fil des générations. Traditionnellement, le 3 mars, on expose dans les maisons les poupées représentatives de la cour impériale pour chasser les mauvais esprits.

Le prix des Yoshitoku Ningyou est certes élevé mais il ne faut pas oublier de prendre en considération tout le travail effectué sur chacune d’elle.
On peut aussi trouver d’autres genres de figurines comme des acteurs de kabuki, des sumos, des ninjas, des Samouraïs ou encore un très grand nombre de geisha. Ces dernières sont déclinées dans toutes les tailles et vêtues de kimono tous plus somptueux les uns que les autres.

Quelques hagoitas (raquettes traditionnelles de bois utilisées à l’occasion de le fête Hagoita-ichi) sont aussi exposées au deuxième étage.
Ce qui constituerait peut-être le seul point négatif, c’est la présence de figurines Mickey imitant les scènes de Hina Matsuri qui dénature un peu le côté authentique du magasin.

Cependant, on devine assez facilement que ceci a pour but de toucher un public plus large. Dans le même genre de « dérive » on peut voir une grande poupée Dark Vador samouraï entièrement fait main aussi qui est, il faut le reconnaître, absolument superbe, pour la modique somme de 346 500 yens, soit 3432 euros!

La diversité des créations présentes dans le magasin ne permet pas d’en faire une liste exhaustive. C’est pourquoi, les images étant parfois plus parlantes que les mots, je vous invite à regarder les photos prises ici.