Les sans-abri de Tokyo

En arrivant au Japon, on remarquera forcément que le nombre de sans-abri dans les rues est nettement inférieur à celui de la France. Le Japon en comptait en 2009 officiellement 15759 (à titre indicatif seulement, le nombre de SDF en France se situe entre 85000 et 100000). Ce chiffre qui avait fortement augmenté après l’éclatement de la bulle spéculative dans les années 1990, diminue nettement depuis 2003. D’après le ministère de la santé, du travail et du bien-être, cette année encore, malgré la catastrophe du 11 mars dernier, ils sont descendus à 10819. Peut-être qu’un grand nombre d’entre eux a pu trouver un travail dans la reconstruction des zones sinistrées dans la région du Tohoku.

 Pour autant, cela ne veut pas dire que la pauvreté n’existe pas. En effet, à Tokyo, si vous traversez le parc de Ueno par exemple, vous tomberez nez à nez avec de nombreux sans-abri qui ont élu domicile à cet endroit. On peut souvent voir devant leur maison de fortune de grands sacs remplis de canettes et autre détritus destinés à être vendu dans des centres de recyclages. Car il faut le préciser, au Japon un SDF ne vous demandera jamais (ou très rarement) d’argent! Le fait de mendier est une telle honte qu’ils cherchent par tous les moyens à survivre par eux même.

 

Bien qu’il existe des centres d’accueil, les places sont assez restreintes (environ 800 lits contre 3428 SDF recensés à Tokyo.)
Le gouvernement japonais a tout de même mis en œuvre diverses solutions pour tenter de régler ce problème, comme par exemple, une aide à la réinsertion dont 1800 sans-abri ont déjà bénéficié en 2009. Il s’agissait de placer les personnes dans un logement où le loyer ne dépassait pas les 3000 yens par mois pendant deux ans afin qu’ils puissent avoir une adresse fixe pour trouver un travail. Aussi, sur le même principe que « les resto du cœur » chez nous, des repas sont distribués l’hiver, dans le parc de Ueno notamment.

Sans-abri de Ueno

Sans-abri de Ueno

Derrière l’image du pays propre, riche et discipliné que nous avons du Japon, il ne faut pas oublier qu’il existe aussi cette misère.