Collection d’estampes à Harajuku

Derrière le magasin Laforet, temple bruyant des dernières tendances à Harajuku, se situe le paisible Musée mémorial d’Ukiyo-e Ota.

L’art de l’ukiyo-e (« image du monde flottant » en français, comprendre image d’un monde éphémère) se développe pendant l’ère Edo, époque de paix et de prospérité où la classe bourgeoise émerge de la société.
La classe moyenne friande d’art n’a pas les moyens de s’offrir les tableaux couteux que possède la noblesse. Et c’est de cette demande que nait une nouvelle forme d’art : les estampes, ou l’ukiyo-e.
Les artistes s’inspirent de la vie quotidienne : les paysages, les saisons, les courtisanes, les sumos, les batailles célèbres, etc.
Avec l’ouverture du Japon sur l’occident, les visiteurs étrangers découvrent les estampes avec admiration. S’en suit une véritable « fuite » d’estampes vers l’Europe.
C’est pour contrer cette tendance qu’Ota Seizo pendant 50 ans rassemblera inlassablement le plus d’estampes possible (12 000 au total) au sein de sa collection, pour protéger la culture japonaise.

Actuellement le musée propose une exposition sur les sièges de château et les commandants militaires.


Cela peut surprendre mais à l’entrée du musée, il faut se déchausser et troquer ses chaussures de ville pour une paire de pantoufles.
A l’intérieur, tout tend vers la contemplation tranquille ; la personne à l’accueil vous donne votre ticket en parlant à voix basse, il est interdit de prendre des photos et plus généralement de faire du bruit.  Dans la première salle, une lanterne et un banc de pierre donnent l’illusion d’un jardin japonais. Un catalogue du musée est laissé à disposition, pour une lecture dans ce havre de paix.
Un grand nombre d’explications est traduit en français et les estampes sont présentées harmonieusement.  En suivant le fil de l’exposition, on suit le fil des batailles de l’ère Edo qui précédent la restauration Meiji et des intrigues politiques entre partisans du shogunat et partisans de la restauration de l’empire. Les estampes donnent un rendu très vivant à ces événements du passé.

A la fin de la visite, difficile de savoir combien de minutes se sont écoulées tant l’ambiance calme et les lumières tamisées, comme si l’on se trouvait dans une église, contribuent à l’impression d’avoir fait un voyage « hors du temps » loin de l’agitation d’Harajuku.

Plus d’informations sur le site officiel http://www.ukiyoe-ota-muse.jp/index-E.html