Le club des correspondants internationaux

Yurakucho est un quartier riche, snob et luxueux. Accolé à Ginza, il héberge des gratte-ciels loués à des multinationales comme Sony et ne laisse pas de place aux petites gens. Dans le coeur des ses monticules orgueilleux, au 20ème étage du Denki North building, le club des correspondants internationaux ou FCCJ filtre ses visiteurs à la manière d’une troupe de douaniers américains. Très fier d’annoncer son intégrité et son ouverture au public, le FCCJ se targue d’être différent des clubs de journalistes hautains qui ne parlent qu’aux mieux chaussés, et qu’il est très difficile d’intégrer.
Ce message nous a donné envie d’aller discuter avec des “senpais” (professionnels expérimentés) de tous horizons, qui auraient pu nous donner des conseils ou partager des anecdotes utiles ou divertissantes. Nous nous y sommes donc rendues, communiqué de presse sous le bras, avec la ferme ambition de repartir très grandies en terme de réseau professionnel, but premier des clubs de ce type. Notre ambition de bisounours nous aura eu, encore une fois! Si le coeur vous en dit, allez y faire un tour, mais n’oubliez pas votre plan, l’adresse et les instructions: le club n’est pas facile à trouver.
A peine sorties de l’ascenceur, un vent de regards froids et condescendants nous a fait montrer les crocs, et les hôtesses d’accueil ne nous ont pas persuadés de les ranger.
Le long d’un couloir de velours vieilli, les plus méritants du club ont leur portrait encadré de bois doré façon galerie des ancêtres. Quand ce n’est pas les stars du club qui décorent les murs, ce sont des plaques de mérite et autres lot de consolations qui alourdissent l’atmosphère. Au bout de ce couloir, les receptionnistes, deux japonaises tirées à quatre épingles, parlent à peine anglais et ne font pas particulièrement l’effort de déchifrer ce que l’on est venu faire ici. Après moultes négociations et regard de biches au bord des larmes, elles ont accepté nos communiqués de presse à contre-coeur, en les mettant de côté pour les distribuer lors du prochain meeting. On ne s’est pas étonnées de s’être vu refuser l’entrée catégoriquement. Contrairement aux clubs de reporters japonais, le club des correspondants internationaux véhicule l’idée que le groupe est accessible et qu’il n’est pas nécessaire d’être populaire pour le rejoindre. Pourtant, 2 parrainnages sont nécessaires pour intégrer le groupe, ce qui n’est pas rien. Si je n’avais pas demandé à prendre des photos du seul endroit qui m’était autorisé (le palier), nous aurions passé 30 secondes montre en main dans ce hall si exclusif.
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